PASCUAL CONTURSI


Hommage à un poète déchiré qui donna au tango ses lettres de noblesse avant de sombrer dans la folie...
Si nous aimons tant le tango argentin aujourd’hui, c’est probablement grâce à ce poète immense que fut Pascual Contursi. Contursi a donné au tango ses lettres de noblesse, il a écrit certaines des plus inspirées et des plus belles paroles de tango. Ses poèmes portent en eux les thèmes universels : la nostalgie, la mélancolie, les frustrations de l’amour, l’ambition, la jalousie, la décadence, l’injustice, même si sa source d’inspiration première fut la vie des prostituées et des bordels portègnes.

Contursi fut un précurseur : il délaissa les thèmes légers, bucoliques ou picaresques, utilisés avant lui, pour développer les nouveaux fondements de la poétique tanguera. Dans les années 1914-1915, alors qu’il vivait à Montevideo, il se lança dans l’écriture de paroles pour les tangos instrumentaux de l’époque, époque que l’on nommerait bientôt la « Guardia vieja. »

C’est ainsi qu’il rédigea des paroles pour un tango du pianiste Samuel Castriota, « Lita ». Comme on le faisait couramment à l’époque, le tango changea alors de nom. Il s’appellerait dorénavant Mi noche triste. On considère aujourd’hui que ce tango marqua le début de l’ère du tango-canción, même s’il ne fut pas réellement le premier du genre. Le succès du tango-canción, et celui de Contursi, doit beaucoup à l’apport de Carlos Gardel, qui interpréta Mi noche triste au théâtre Urquiza de la capitale uruguayenne avant de l’enregistrer en 1917 et de le créer au théâtre Esmeralda de Buenos Aires.

Le succès croissant de Contursi, qui était né le 18 novembre 1888 à Chivilcoy, une commune rurale de la pampa argentine, le conduisit de Montevideo à Buenos Aires, puis en Europe, où il vécut en France et en Espagne. Cependant, au-delà du succès, c’est la folie qui attendait Contursi en Europe. Début 1932, Carlos Gardel se chargea de le rapatrier en Argentine où il mourut dans un asile le 29 mai.

Pascual Contrusi est également l’auteur des textes suivants :
Amores viejos (Tango), Bandoneón arrabalero (Tango), Caferata (Tango), Champagne tango (Tango), De vuelta al bulín (Tango), Desdichas (Tango), El mate de la china (En el día de la fiesta) (Tango), El motivo (Pobre paica) (Tango), Flor de fango (Tango), Garabita (Tango), Ivette (Tango), La cumparsita (Si supieras) (Tango), La he visto con otro (Tango), La mina del Ford (Tango), Mi noche triste (Lita) (Tango), Pobre corazón mío (Tango), Qué calamidad! (Tango), Qué lindo es estar metido! (Tango), Qué querés con esa cara! (La guitarrita) (Tango), Te doy lo que tengo (Tango), Ventanita de arrabal (Tango)

Article publié dans almaTango News (mai 2003)